dimanche 12 octobre 2014

La calligraphie japonaise


Le Japon adopte l’écriture chinoise dès le Ve siècle vraisemblablement en même temps que le bouddhisme. Du Ve au IXe siècle, la technique consiste à copier et essayer de maîtriser le savoir des artistes de la cour de Sui et des Tang. Jusqu’au IXe siècle, la tradition imite le style et l’adresse de Wang Xijin (307-365). Lorsque Kükaï revient de Chine pour créer la secte Shingon, il invente un nouveau syllabaire kana qui séduit l’empereur Saga. En recevant la direction du temple To-ji à Kyoto, Kukaï crée des ateliers de calligraphes qui s’affranchissent de l’art chinois et assouplissent la technique du geste en fonction des kanas. La transcription d’un certain nombre de kanas d’un seul coup de pinceau permit aux calligraphes d’avoir la vitesse qui correspondait si bien à la fugacité des waka, ces fameux poèmes japonais.

La calligraphie joue un rôle prépondérant dans l’initiation des femmes à l’écriture, qui contrôlent alors mal les kanjis. La poétique des mœurs, les intrigues amoureuses ainsi que la retranscription des premiers romans comme le Genji monogatari, vont permettre à la calligraphie de devenir le support et le geste d’une nouvelle sensibilité. La cour demande à des artistes confirmés d’agrémenter les paravents et de parer les peintures par des ashide (écriture de roseau) d’une grande fluidité, représentant la nature (roseaux, cours d’eau…). Au premier style calligraphique du début de la période Heian qu’on appelle jodai-yo, se substituèrent d’autres qui caractérisent l’architecture, comme le wa-yo et le kara-yo.

Puis la calligraphie est alors inspirée par le Zen. Elle reproduit à nouveau le style chinois des Song, puis des Ming. Le style kara-yo prédomina pendant les deux siècles et demi de la période Edo (Tokyo). La calligraphie devint peu à peu un trait important de la culture japonaise. Elle est à présent un objet de concours qui a lieu chaque année dans les écoles et il est tout à fait possible de prendre des cours dans la capitale nippone.

En décoration, la calligraphie japonaise offre un style plus vif, plus dynamique, que le style chinois. Les rouleaux calligraphiés ou les tableaux sont des pièces maîtresses pour décorer un mur. Il convient de choisir sa calligraphie avec soin, car elle inspirera « l’esprit » de votre déco.

dimanche 9 février 2014

Le jade chinois


Le jade est la pierre la plus précieuse aux yeux des Chinois, et c’est un des arts qui s’est développé le plus tôt. Le mythe chinois de la création raconte qu’à la mort du dieu Pan Gu le souffle de celui-ci devint le vent et les nuages, ses muscles le sol et sa moelle épinière se transforma en jade et en perles. Pour les Chinois, la pierre de jade n’est pas seulement belle, elle possède également des pouvoirs magiques. Dans l’Antiquité, on s’en servait à des fins rituelles et religieuses, puis on l’utilisa pour des objectifs esthétiques. Les jades les plus anciens sont les objets rituels de la culture Hemadu, datant du néolithique, il y a quelque 7000 ans. On a retrouvé de nombreuses plaques circulaires, des bi, données aux morts pour qu’ils les emportent dans l’au-delà. Ces disques représentent l’harmonie entre le ciel et la terre. 

Aujourd’hui encore beaucoup de chinois portent ce type d’objet. Les chinois attribuent au jade la vertu de prolonger la vie et l’utilisent pour fabriquer  des linceuls. C’est sous les Han qu’on assiste à une première apogée du jade sculpté. A cette époque, des personnages haut placés se font enterrer dans des linceuls faits de plus de 1000 fines plaquettes reliées par des fils d’or. Le musée d’histoire de Beijing expose le linceul de jade du prince Liu Xiu, mort en 55 av JC. Le jade à  la réputation de luire si celui qui le porte est en bonne santé et de se ternir si celui-ci tombe malade. Les ornements de jade sont censés apporter santé, chance et protection à leur propriétaire.

Le jade n’est pas une entité minéralogique précise ; il est composé de deux minéraux, la jadéite et la néphrite. Celle-ci est semblable à la jadéite, tout en étant moins dure ; la jadéite est plus précieuse parce que translucide et très dure. La couleur du jade va du blanc au vert, mais il peut être  aussi noir, brun ou rouge. Les Chinois le préfèrent d’un vert émeraude très pâle et translucide. Sa dureté en fait une pierre très difficile à travailler. Dans les ateliers de sculpture, on trouve maintenant jusqu’à 30 sortes différentes de jade. Les ateliers les plus connus sont ceux de Hetian (aussi appelé Khotan ou Xinjiang), Shoushan (Fujian) et de Luoyang (Hunan). En décoration, le jade offre de magnifiques objets décoratifs tels que les vases ou les statuettes de bouddha ou de chevaux qui donnent une touche d’élégance à une pièce, par leur seule présence.

samedi 11 janvier 2014

L'art décoratif des jardins japonais




L’art des jardins au Japon reste une technique parmi les plus étonnante de la sensibilité japonaise. Bien qu’importé de la Chine via la Corée, certainement en même temps que le bouddhisme et l’écriture chinoise, l’art des jardins a évolué au cours des siècles. En aucun cas, il ne s’agit d’un jardin comme il peut être conçu en Europe. C’est plutôt le fruit d’une perception de la nature. Il s’agit d’une mise à l’échelle de la nature environnante, ou d’un monde religieux où flotterait l’harmonie des choses. 

Cette technique se développe durant la période Heian mais à part quelques vestiges, dont le célèbre Joruri-ji à Nara, le Byodo-in à Uji près de Kyoto, ou encore le Motsu-ji à Hiraizumi, le style shinden et les jardins du paradis s’intègrent au plan de masse et aux demeures construites dans l’environnement immédiat. Un certain nombre de lois, comme la présence d’un étang et des collines artificielles, doit être respecté, le tout correspondant à une miniaturisation de la nature. Le bâtiment principal est orienté vers le sud, et entre celui-ci et le jardin se trouve un espace dégagé et situé au sud de la propriété, planté de pruniers, de cerisiers, de mûriers, de saules, d’érables et de pins devant vraisemblablement impliquer le symbolisme des saisons. 


Le jardin, selon les règles de la géomancie chinoise, doit être traversé par un ruisseau qui coule du nord-ouest au sud-est. Il  alimente en eau pure un petit étang dans lequel sont immergés quelques rochers reliés par des ponts en bois ou en pierre. Il prend alors une valeur poétique, puisque sur ses bords sont construits des pavillons de contemplation ou de pêche. La surface calme et virtuelle de l’eau permet une réflexion de la lune comme si elle venait de l’intérieur. Ces différents pavillons sont reliés au bâtiment principal par des corridors. Les seules images qui soient parvenues à atteindre le XXIe siècle, sont dessinées sur des emakimono. Tout est codifié : le nombre, l’implantation des pierres, leur éventuel axe de symétrie, et surtout les formes dégagées comme représentations bénéfiques ou maléfiques de l’espace. 


C’est à partir de l’époque Muromachi que l’art du jardin se modifia au contact de la philosophie Zen. Le jardin devient un lieu de méditation. L’exemple du jardin de Saiho-ji à Kyoto, crée au XIVe siècle par Kokushi Muso (1276-1351), est révélateur. On assiste à une sorte de renversement vertical symbolique. Le bas du jardin est composé d’arbres, de mousses, d’un étang et d’un pavillon, alors que le haut, le monde éthéré de la méditation, est représenté par un jardin sec. 

C’est à l’époque de Muromachi que le jardin va prendre toute son ampleur. L’architecture est épurée avec les constructions du Kinkaku-ji, du Ginkaku-ji et du Daitoku-ji. La vision du jardin est rendue plus mobile, ce qui paraît être un paradoxe, que relève l’enseignement du Zen. C’est en multipliant les points de vue, les koan (énigmes du zen), que le satori peut être atteint. Au cours de la période Momoyama s’affrontèrent deux types de jardins. Les premiers, aristocratiques, sont conçus comme symbole du pouvoir. Ils trahissent l’ambition, la force et l’abondance. Les seconds, au contraire, mobilisent une esthétique du détachement et permettent d’envisager une esthétique bâtie sur la rareté et la justesse du geste.

Le jardin de Katsura inaugure une nouvelle conception, il devient un jardin conçu selon une progression de la découverte des essences et des sensations. Il devient jardin de promenade. Les participants marchent le long de plusieurs sentiers et découvrent, au hasard des pavillons, des nouveaux points d’observation ou des impressions. L’architecture moderne fait appel aux conceptions de l’art du jardin. Compte tenu de la raréfaction de l’espace , les petits jardins trouvent tout naturellement leur place dans le gigantisme urbain, tout particulièrement à Tokyo.  

dimanche 8 décembre 2013

C'est Noël pour les fans de déco asiatique!


La boutique de décoration asiatique Ruyi, référence en matière d'artisanat asiatique (chinois, japonais) traditionnel ou moderne (http://www.ruyi-france.com), propose des cadeaux originaux pour toute la famille.


Vous trouverez pour cette fin d'année des dizaines d'idées-cadeaux uniques sur le web, qui raviront tous vos amis. Les objets vendus dans la boutique sont expédiés rapidement et permettent de faire plaisir pour quelques euros.

Retrouvez le sourire pour les fêtes de noël et partez à la découverte de la Chine ou du Japon, de chez-vous en quelques clics. La boutique présente depuis 2006 sur le web est un gage de qualité et de satisfaction. 

samedi 9 novembre 2013

L’Ikebana

L’Ikebana, ou l’art de l’arrangement floral, est un art japonais certainement d’origine bouddhique. Il est également appelé le ka-do, ou voie des fleurs. Son essor date de la période Muromachi (1333-1573), mais l’art d’offrir des fleurs aux divinités remonte aux cultes indiens. Lors du développement du bouddhisme au Japon, les fleurs faisaient l’objet déjà d’une pratique rituelle, mais c’est l’épanouissement du bouddhisme Zen qui a soumis l’Ikebana aux codes stricts des maîtres de thé. Pendant la période Muromachi, les maîtres de thé créent des écoles pour codifier cet art et le soumettre à une discipline esthétique. Il s’agit de mettre en harmonie la simplicité et la rusticité des supports (vases et plats) avec la nature profonde des matériaux et des textures. Si dans le tokonoma (petite alcôve), un vase accueille un ikebana savamment disposé, on évitera de mettre en valeur sur le mur de l’alcôve un rouleau représentant des fleurs, l’une des écoles les plus anciennes fut celle de l’ikenobo, dont il est dit qu’elle remonte au VIIe siècle, lorsque le moine Ono no Imoko revint de Chine. La fondation d’un véritable art codé date  de 1462, date à laquelle Sengyo aurait fondé le style rikka. Il s’agit de faire renaître l’élan vital des fleurs en les arrangeant et suivant un plan triangulaire qui permette aux tiges de longueur inégale, toujours en nombre impair, de garder un rythme qui rappelle ou évoque la nature. La plus haute représente le ciel, celle du milieu symbolise l’homme, tandis que la plus basse incarne la terre.

La symétrie et le croisement de branches ne sont pas tolérés. Dans le style rikka, cinq ou sept branches dont le sommet garde un nom différent selon sa position spatiale, sont choisies. Le sommet (ryo) se nomme shin à droite et yo à gauche. Les autres tiges prendront un nom de colline à droite ou de vallée à gauche. Des systèmes de proportions mettent en harmonie la hauteur des tiges, celle du vase et le diamètre du plat. La branche rikka s’impose dès le le XVe siècle, mais de nombreuses écoles rivalisent par la suite. Ainsi le nage-ire s’impose t-il pour la cérémonie du thé au XVIe siècle. Au XVIIe et XVIIe siècles, des styles fleurissent dans le monde flottant, plus directement bourgeois, et se soumettent aux nouveaux codes esthétiques de l’urbanité naissante. Ainsi le style shoka, qui séduit tout particulièrement les marchands, ou style chonin, prend son essor à Kyoto comme à Edo. La technique, une paire de ciseaux à lames courtes munis de longues poignées, un couteau et parfois une scie pour les branchages. Les piques fleurs, qui permettent de fixer les tiges et d’animer la pureté des lignes sont utilisés. Durant l’ère Meiji, un nouveau style, le moribana, crée par Unshin Ohara, fait appel à la technique des fleurs jonchées sur des plats, en utilisant des fleurs venant de pays étrangers qui permettent ainsi un plus grand jeu de couleurs. Naissent alors les écoles Teshigahara et Sogetsu, et l’essor des styles dits libres. Plus de 3000 écoles d’arrangement floral sont recensées, et cet art s’exporte dans tous les pays du monde.  

dimanche 13 octobre 2013

Le Feng Shui

Né en Chine il y a quatre millénaires, le Feng Shui s'est largement développé en Extrême-Orient. Son principe de base, à savoir l'idée que l'endroit où est bâtie une maison a une influence sur le bien-être de ceux qui y vivent, est d'ailleurs apparu à diverses périodes dans d'autres parties du monde. Avec le feng shui, ce concept s'inscrit dans un cadre plus vaste qui englobe tous les aspects de l'existence.

L'idée fondamentale du feng shui repose sur la certitude que tout ce qui nous entoure, jusqu'aux plus petits détails de l'ameublement ou du décor, peut nous aider à réussir ou au contraire nous desservir. En prenant conscience du subtil courant d'énergie qui parcourt à la fois votre corps et tout ce qui vous entoure, vous pourrez modifier l'environnement où vous vivez de façon atteindre vos buts.

Les principes directeurs ont évolué au fil des siècles. Le concept du yin et du yang définissent deux grands courants d'énergie qui unissent les êtres humains à leur environnement. Les Cinq Eléments et les Huit Directions affinent cette approche : ils constituent des outils sophistiqués pour comprendre de quelle manière l'énergie qui baigne toute chose peut influer sur notre vie.

Différents articles vont vous êtes proposer dans le blog afin de vous présenter les différents principes et techniques du feng shui à appliquer pour décorer votre maison.

samedi 31 août 2013

Les objets laqués vietnamiens

Si il y a bien une matière qui symbolise la décoration et l’artisanat vietnamien, c’est bien la laque. Les Vietnamiens connaissent l’art de la laque depuis la nuit des temps, mais c’est sous le règne du roi Lê Nhân Tôn (1443-1460) qu’il prit son véritable essor. Un mandarin de la Cour fut envoyé en Chine avec la mission d’y apprendre un métier susceptible de procurer aux paysans vietnamiens de nouvelles ressources. Après plusieurs mois passés dans la province chinoise de Hunan, au cours desquels il fut initié aux secrets de l’art chinois de la laque, le mandarin-espion retourna dans son pays. Mais déception, ses premiers essais ne furent pas une réussite.
Il retourna alors en Chine pour peaufiner la technique. Et, revenu au Vietnam, ses nouveaux essais furent un succès : pour que la laque adhère bien à son support, il faut que celui-ci soit recouvert au préalable d’une couche de gomme de kaolin. C’est là tout le secret chinois de l’art de la laque. En reconnaissance de ses bons et loyaux services, les habitants de Binh Vong élevèrent sur ordre du roi un temple à la mémoire du mandarin Trân Tuong Công, considéré depuis lors comme le patron des laqueurs et honoré comme un génie par les Vietnamiens.

La laque est une substance d’origine végétale, sorte de résine extraite par incision d’un arbuste, le cây son ou laquier, qui pousse en abondance dans le nord du Vietnam. Dans un récipient rempli de liquide crémeux et blanchâtre, on recueille la couche supérieure, pure et légère. Puis on la malaxe pendant une quarantaine d’heures avec un mélange de colophane. La laque noircit et prend son éclat. A ce stade de préparation, on peut la teindre avec des colorants chimiques (autrefois on utilisait que des produits naturels comme le cinabre, la graine de Perse, l’or et l’argent en feuilles de nacre). La technique du laquage comporte plusieurs étapes. Il faut d’abord choisir le bois, du teck généralement pour les plus beaux objets, sinon du contreplaqué ordinaire. Ensuite, le bois est entoilé, c'est-à-dire recouvert d’une toile imbibée de laque brute. On laisse sécher le tout pendant une semaine, puis commence l’opération de masticage. Ensuite il faut compter 11 couches de laque sur l’objet ou le meuble. Entre caque couche, il faut poncer la surface laquée avec des os de seiche et de la pierre ponce pour chasser les aspérités. Un travail extrêmement minutieux. La décoration et l’incrustation des motifs décoratifs ne se font qu’après le ponçage de la huitième couche. On trouve aujourd’hui, notamment dans notre boutique, de nombreux bibelots décoratifs en laque du Vietnam (boîtes à bijoux, à crayons, bols, assiettes, vases….) qui font toujours de très beaux cadeaux.    

samedi 23 mars 2013

Ruyi, la boutique de décoration asiatique de référence

Depuis 2006, la boutique en ligne Ruyi propose de l'artisanat importé directement d'Asie. Les objets les plus classiques mais aussi les plus originaux de l'artisanat chinois et japonais notamment, sont proposés à des prix intéressants pour toutes les occasions : anniversaire, fêtes, nouvel an chinois...les articles de la boutique sont de qualités et certains sont introuvables ailleurs en France, notamment des éventails chinois rares ou encore des batiks des minorités chinoises.

De nombreuses peintures et calligraphies chinoises sont proposées à la vente ainsi que des tableaux et des affiches de la chine révolutionnaire. Des papiers découpés, art traditionnel de la Chine depuis des siècles, sont également vendus dans la boutique, avec un large choix de représentations.

De nombreuses pièces textiles sont également disponibles allant des housses de coussins chinoises, des nappes en passant par les accessoires des arts de la table, avec notamment de très beaux services à thé.

De nombreux objets de décoration et de fête asiatiques sont disponibles : lampions et lanternes, guirlandes chinoises, carillons.

La boutique propose également une large gamme de poupées chinoises et japonaises ainsi que de nombreuses références de maneki neko et de statuettes asiatiques. Enfin des objets de bien-être traditionnels en bois ou en corne sont proposés pour les amateurs d'objets de qualité. 

Vous pouvez accéder à la boutique en cliquant sur ce lien : http://www.ruyi-france.com

samedi 19 janvier 2013

Les meilleurs sites de décoration asiatique

La décoration asiatique influence de plus en plus l'intérieur des maisons en France. Voici trois sites indispensables si vous êtes fans de décoration asiatique :


Le blog de l'art, de l'artisanat et de la décoration asiatique est également un site à découvrir. Vous y trouverez de nombreux articles sur l'art et l'artisanat d'Asie ainsi que des conseils en décoration et en feng shui : guide décoration asiatique

Les meilleurs sites de déco asiatique sont référencés dans un annuaire thématique spécialisé qui regroupe le meilleurs sites de ventes en lignes d'art et d'artisanat asiatiques : annuaire décoration asiatique.

mardi 6 décembre 2011

La porcelaine chinoise


La porcelaine chinoise est profondément liée à l’histoire de la Chine. Sous la dynastie Yuan (1279-1368), les lourds céladons de Longquan avec leurs décors en relief ou incisés sous la couverte vont constituer une grande part de la production avec les bleu de cobalt et rouge de cuivre sous couverte ornés d’un tracé de pinceau vigoureux et précis.

Sous la dynastie Ming (1368-1644), la manufacture de Jingdezheng établit sa primauté. Y triomphent les bleu et blanc, et les délicates porcelaines monochromes à couvertes blanche, bleu ou rouge, et céladon ornées souvent d’un décor secret, anhua, incisé sous la couverte. L’origine des wucai (cinq couleurs) se situent entre le milieu du XVème siècle et le règne de Chenghua (1465-1487), règne sous lequel apparaît les décors peints en émaux dans le style doucai (couleurs contrastées).

Les bleus intenses, et les kinrande somptueux caractérisent le règne de l’empereur Jiajing (1522-1566), les wucai celui de l’empereur Wanli (1573-1620).

Les bleu-blanc de « type Kraak » de l’époque Wanli (1573-1619) illustrent le développement du marché d’exportation de la porcelaine chinoise.

Les céladons des fours de Longquan et les fameux blanc-de-Chine des fours de Dehua étaient eux aussi très attrayants.

Entre 1619-1683, dans la période dite de Transition, la fabrication de porcelaine de Chine se poursuit et est destinée à une clientèle de lettrés ou à l’exportation.

Durant la dynastie Qing (1644-1912), sous les trois règnes successifs de Kangxi (1662-1722), Yongzheng (1723-1735) et Qianlong (1736-1795) des sommets vont être atteints et des progrès techniques considérables seront réalisés dans les fours de Jingdezheng.

Sous Kangxi, la famille verte (Yincai) est née. Les monochromes connaissent un développement considérable, notamment le « sang de bœuf » (langyao) et sa variante « la peau de pêche » (jiangdou).

Sous Yongzheng, les couvertes monochromes se perfectionnent en bleu pâle ou céladon et renouvellent les céramiques Song de type guan, ru, jun et ding blanc. Une nouvelle catégorie d’émaux apparaît, ceux de la famille rose (fencai). Timide dès 1720, elle s’affirme vers 1728-1730.

Sous le règne de Qianlong, les couvertes imitent toutes sortes de matières, la porcelaine ressemble au jade, au corail, au laque, au bronze…. Les porcelaine dite flammées ou flambés, les bleus poudrés, ou les couvertes robbin’s egg attestent de l’invention et habilités de ces artisans. Les « bleu-blanc » dans le style du début de l’époque Ming que renforce un archaïsme formel sont très recherchés.

Le XVIIIème siècle fut l’âge d’or des exportations des porcelaines chinoises vers les pays européens qui ont constitué leur propre Compagnie des Indes Orientales et installé leurs comptoirs à Canton. La production de porcelaine dite de commande était très active, avec notamment des pièces de la familles rose, des porcelaines coquille d’œuf ou des services armoriés.

Les Imari Chinois concurrenceront les japonais sur le marché européen. Les tabatières en porcelaine apparaissent au 18ème siècle et connurent un essor important au 19ème siècle.

C’est au début du XVème siècle qu’apparaissent les marques impériales sur les pièces destinées à la cour. Cet usage qui ne s’appliquera pas systématiquement selon les périodes, se perpétuera jusqu’au XIXème et XXème siècles, avec par exemple les marques des empereurs Jiaqing (1796-1820), Daoguang (1821-1850), Xianfeng (1851-1861), Tongzhi (1862-1874), Guangxu (1875-1908).

Aujourd’hui de nombreux objets en porcelaine de chine trouvent leur place dans des maisons du monde entier car ils apportent un peu de la culture chinoise avec eux.

samedi 12 novembre 2011

La peinture chinoise classique

La peinture chinoise classique est dénommée en chinois zhōngguó huà, peinture chinoise, ouguó huà, peinture du pays, en opposition à la peinture chinoise d'inspiration occidentale apparue au XIXème siècle. On peut la considérer comme une branche autonome de la calligraphie chinoise, dont elle partage le médium, fondé sur les quatre trésors du lettré : pinceau chinois, bâton d'encre, pierre à encre (pour moudre le bâton d'encre et le diluer dans l'eau) et papier (papiers de fibres textiles et bambou, avec de faibles apports d'autres matières, dont parfois le riz). Mais avant le support papier, la soie a été le support "noble" par excellence.

La peinture chinoise classique est constituée d'un ensemble de styles typiques de l'Extrême-Orient, et qui sont à l'origine des techniques de peintures que l'on trouve aussi en Corée et Japon. La peinture chinoise classique n'a émergé qu'après l'essor de la calligraphie chinoise sur papier de riz, dont elle est pour ainsi dire intégralement issue. La peinture "à l'encre éclaboussée" des moines-peintres chan est ainsi associée, le plus souvent en raison d'une communauté d'esprit, au style "herbes folles" de la calligraphie poétique chinoise. Peinture et calligraphie se retrouvant éventuellement sur le même support, mais par des mains différentes, un poète et un peintre, accompagnées parfois par un commentaire ultérieur dans l'espace de la peinture ou sur un support accolé ensuite, intégré dans le rouleau, et dans un style de calligraphie différent, la tonalité du propos étant différente.

La subtilité et la valeur de la peinture chinoise reposent largement sur l'emploi de moyens très réduits avec l'encre noire, l'eau, le pinceau et le geste comme seules variables.

La peinture de paysages constitue le genre le plus « noble » de la peinture chinoise classique, où se croisent les conceptions chinoises de l'univers, du microcosme et du macrocosme. La peinture de paysage donne forme à ces conceptions dans le rapport de la montagne (et de tout ce qui résiste en se transformant) et de l'eau (et de tout ce qui se transforme en se reproduisant). Ce n'est pas un art figuratif d'après modèle, mais plutôt le précipité de l'état d'esprit du peintre, qui se met au travail, non sans avoir préalablement visité la montagne dépeinte, sauf exceptions.

Dans le cas de la peinture de paysage - "montagne et eau" (voir l'article shanshui) en chinois) - l'harmonie des éléments yin et yang, le jeu des consistances atmosphériques, des strates géologiques, des textures rendues en noir et blanc, ont pour fondement une appropriation expressionniste de la nature très éloignée de la mimésis, ou imitation plus ou moins illusionniste des apparences, propre à l'esthétique occidentale.

La conception confucéenne du monde transparaît également dans la peinture de paysages, ou les figures ou constructions humaines apparaissent en taille très réduite, située dans un cadre cosmologique complet. Le thème des lettrés en méditation ou en réunion (par exemple, les "Sept sages de la forêt de bambou"), ou encore du saint, sont des thèmes privilégiers de ces peintures.

Les peintures réalisées par des peintres professionnels, quel que soit le sujet, donc éventuellement des végétaux, des animaux ou des scènes anecdotiques à nombreux personnages introduisent ouvertement la couleur dans la peinture. Mais cette question est complexe. D'une part la couleur est souvent employée, mais avec une modération, par des peintres lettrés. D'autre part, certains peintres lettrés ont un motif privilégié qui peut sembler anecdotique, ou "décoratif" pour un occidental, comme un vol de grue au dessus d’un pavillon, ou deux animaux disposés dans l’espace, se surveillant mutuellement. Certains peintres, professionnels ou lettrés, sont ainsi plus ou moins spécialisés dans un thème en particulier : la peinture de chevaux (Xu Beihong ou Jupeon en français), la peinture de bambous, de fleurs et oiseaux, de poissons, voire de crevettes !

Ce furent les lettrés de la dynastie Song qui inaugurèrent la pratique d’insérer un poème dans leur œuvre picturale. Des commentaires ont pu être ajoutés, ultérieurement, par les différents propriétaires, dans l’espace de l’image, mais plus souvent en dehors. Les œuvres les plus célèbres se caractérisent également par le nombre de sceaux à l'encre rouge désignant la liste des empereurs les ayant possédés au sein de la collection impériale, dont le destin a conduit la plus grande partie au Musée National du Palais de Taipei (National Palace Museum), Taïwan, suite à l'exil de l'armée du Kuomintang. Mais le Palais Impérial n'ayant pas été bombardé et au contraire ayant été préservé pendant les moments les plus agités de la République Populaire de Chine, la cité interdite contient toujours dans ses nombreux bâtiments le Musée du Palais (Palace Museum) dont les collections, riches mais aussi variées, permettent de se faire une bonne idée de la peinture des peintres professionnels, des peintres de la cour, à côté de celle des peintres lettrés.

La représentation de l'espace chinois, rejetant la perspective avec point de fuite, a toutefois adopté dans les derniers siècles des représentations de l'espace trigonométrique, notamment pour la représentation de villes.

La peinture chinoise en photo est disponible dans la boutique de décoration chinoise Ruyi :

La pagode japonaise

La pagode (tô) est l’édifice central du temple bouddhique au VIIe siècle. Si l’origine est indubitablement chinoise, il est difficile ...