Comprendre les symboles de bon augure dans les arts bouddistes indiens, népalais et tibétains



La notion de bon augure occupe une place importante dans l'esprit des Tibétains. La manifestation est conçue dans le bouddhisme non comme une collection d'éléments indépendants mais comme un réseau interdépendant où chaque élément dépend des autres et influe sur eux. D'une certaine manière, les sciences telles que nous les entendons (physique, chimie, biologie…) ne font rien d'autre qu'étudier cette interdépendance. Elle est toutefois conçue de manière beaucoup plus vaste dans la pensée bouddhiste que ce que nous faisons habituellement. On retrouve ces symboles dans les différentes œuvres d'art indienne, népalaise et tibétaine, en comprendre le sens c'est souvent comprendre l'objet. On les trouvent également sur les temples comme motifs décoratifs.Il existe 8 symboles de bon augure dans l'art bouddhiste de ces trois cultures, qui représentent chacun une partie du bouddha  :

La conque dextrogyre : la conque blanche dextrogyre (s'enroulant vers la droite), symbolise le son du dharma profond, qui se répand au loin et s'accorde aux aspirations, aux capacités et aux prédispositions des disciples, éveille les êtres du sommeil de l'ignorance et les incite à accomplir leur propre bien ainsi que le bien des autres. La parole du Bouddha est comparable à la conque.

La bannière de victoire : la bannière de victoire représente la victoire sur les négativités et les obstacles grâce aux actes accomplis par le corps, la parole et l'esprit. Elle témoigne aussi de la complète victoire du dharma sur les forces du mal. Le corps du Bouddha est comparable à la bannière de la victoire.

Le parasol : le précieux parasol symbolise l'activité qui protège les êtres. En cette vie, il les garde des maladies, des obstacles, des accidents, des esprits malins. Dans leurs vies à venir, il les protège des souffrances des trois mondes inférieurs (enfers, esprits avides et animaux). Le parasol symbolise aussi la joie de la fête des actes positifs, rafraîchie par son ombre. La tête du Bouddha est comparable au parasol.

La roue : la roue d'or symbolise la mise en mouvement de la roue du dharma, c'est à dire la propagation de l'enseignement de Bouddha, à la fois sous la forme théorique et sous sa forme pratique, dans toutes les directions et dans toutes les époques, enseignement grâce auquel les êtres connaissent le bonheur des actes positifs et de la libération. La plante des pieds du Bouddha est marquée par une roue.

Les poissons d'or : les poissons d'or augurent de l'absence de crainte des êtres lorsqu'ils se sont dégagés du danger de se noyer dans l'océan de souffrances du samsara et qu'ils possèdent la capacité de se mouvoir librement dans le monde de la transmigration, tout comme un poisson se meut dans l'eau librement et sans crainte. Les yeux du Bouddha sont comparables aux poissons d'or.

Le nœud sans fin : le nœud sans fin représente l'interdépendance de toutes choses, notamment de la pratique du dharma et du soutien que lui apporte la société. Il symbolise aussi l'union des moyens et de la connaissance, l'inséparabilité de la vacuité et de la production interdépendante. Du point de vue de l'éveil, il symbolise encore l'union de la sagesse et de la compassion. L'esprit du Bouddha est comparable au nœud sans fin.

Le lotus : la fleur de lotus symbolise la purification du corps, de la parole et de l'esprit ainsi que le plein épanouissement de l'activité bénéfique dans l'état de libération. La langue du Bouddha est comparable au lotus.

Le vase aux trésors : le vase aux trésors représente une pluie sans fin de longue vie, de richesses, de prospérité, de tout ce qui est bon pour les hommes dans le domaine spirituel. Son embouchure est ici surmontée d'un joyau flamboyant. Le cou du Bouddha est comparable au vase au trésors.